Mon arrière-grand-père disait à chaque fins de mois :
- "Ce soir c'est jour de paye ... on va aller voir les femmes qui fument !

A cette époque les bordels - appelés aussi "maisons closes - étaient encore ouverts. La député de Paris, l'ineffable Marthe Richard, n'avait pas encore décidé de moraliser la France !
Le 13 avril 1946, l'ancienne pute non assumée, a fait voter la loi éponyme, qui a mis fin aux "bouic", aux "claques", aux "boxons" et autres "boui-boui" où de jeunes sémillantes créatures - qui en avaient pourtant plus beaucoup - vendaient leurs vertus ! Les "consommateurs" étaient des messieurs bedonnants, venant quémander des pratiques délicates, des agaceries érotiques et coquines, qui feraient s’allumer des étoiles d’or dans leur monotones soirées.
Les épouses légitimes - bonnes catholiques ferventes - refusaient farouchement de leur prodiguer de pareils émerveillements, même subrepticement ! Ces messieurs se rendaient donc au bordel pour toucher du doigt – si j’ose dire – la félicité et la volupté. Le phénomène touchait aussi bien les classes très aisées, qui fréquentaient les maisons closes luxueuses ; que les classes laborieuses =, qui trouvaient les frissons merveilleux dans des modestes bordels, au confort minimal., voire un peu sordide, dans certains cas ! Les "chandelles" qui s’acoquinaient avec les réverbères, dans les rues populaires, procédaient, elles aussi, de la même démarche : les hommes voulaient des "spécialités" dont les épouses refusaient la pratique.
Cette attitude des mâles, étaient aussi vieille que le monde !
Dans cette "Histoire de la prostitution" je vous narre par le menu, le plus vieux métier du monde. D'Aphrodite de Cnide à Aspasie de Milet, en passant par Laïs de Corinthe, vous ferez connaissance aux plus grandes "galantes" de l'Antiquité. Puis je vous emmènerai rencontrer d'Agnès Sorel, deThéodora la Byzantine ou de Francesca da Rimini, d’Iseut et de Guenièvre, qui firent les bonheurs d’un nombre incalculable gentilhommes sous la Renaissance et l’Ancien Régime. Je vous ferait découvrir le ribaudes et les catins de l’époque révolutionnaire, qui découvraient les liberté nouvellement conquises. Sous le 1er Empire la belle "amoureuse" qui retenait la faveur des gazettes, était : Thérésa de Cabarrus, alias Madame Tallien, grande mondaine s’il en fût. La cantatrice Giuseppina Grassini connut également son moment de gloire, en accordant ses faveurs a Bonaparte en personne, puis à Wellington, l’un après l’autre, montrant qu’elle était avant l’heure une Européenne convaincue. Au temps de "La Belle Epoque" La Belle Otéro, Liane Pougy et Emilienne d'Alençon le disputèrent à Cléo de Mérode.
Après la libération et la loi Marthe Richard, "Les femmes qui fument" ayant disparues la prostitution devint individuelle. Les filles de l’Est et les Africaines occupèrent le macadam. Leur nouveau proxénète étaient l’héroïne !
Luc Boutet
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