Selon les derniers chiffres disponibles de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le chiffre à retenir est 440,9 kg d’uranium enrichi jusqu’à 60 % en uranium 235, estimation établie pour le stock iranien au 13 juin 2025 ; l’AIEA précise avoir vérifié 432,9 kg de ces 440,9 kg sous forme d’UF6, c’est-à-dire de hexafluorure d’uranium enrichi jusqu’à 60 % en U-235.
C’est le nom technique exact : uranium enrichi jusqu’à 60 % en isotope uranium-235, principalement sous forme gazeuse d’hexafluorure d’uranium — UF6. Dans le vocabulaire stratégique, il est aussi qualifié d’uranium hautement enrichi — highly enriched uranium, HEU — car le seuil technique de cette catégorie commence à 20 %, même si le niveau dit « militaire » est généralement autour de 90 %. L’Iran détient donc un matériau qui n’est pas encore, en l’état, de l’uranium de qualité militaire, mais qui s’en approche dangereusement par le saut technologique restant à franchir : passer de 60 % à 90 % est beaucoup plus rapide que de partir d’un uranium faiblement enrichi.
C’est pourquoi ce stock est devenu le cœur du bras de fer diplomatique entre Téhéran, Washington et l’AIEA. L’agence onusienne indique toutefois qu’elle ne peut plus garantir avec précision la taille, la composition ni la localisation actuelle du stock, faute d’accès complet aux installations concernées ; Reuters rapporte, de son côté, que la quantité survivante exacte reste incertaine après les frappes contre les sites nucléaires iraniens, même si Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a évoqué un peu plus de 200 kg qui seraient principalement conservés dans un complexe souterrain à Ispahan.
Le dossier est donc double : d’un côté un chiffre officiel de référence, 440,9 kg à 60 %, qui donne la mesure du risque de prolifération ; de l’autre, une incertitude opérationnelle sur ce qu’il en reste réellement, où il se trouve et sous quel contrôle. L’Iran affirme que son programme nucléaire demeure civil, notamment pour la recherche et certains usages médicaux, mais l’ampleur du stock à 60 % dépasse de très loin les besoins ordinaires d’un programme énergétique classique. Pour les chancelleries occidentales, cet uranium enrichi est aujourd’hui la monnaie d’échange la plus sensible de Téhéran : il peut être dilué, transféré à l’étranger, placé sous surveillance renforcée, ou au contraire servir de levier de pression dans une négociation où chaque kilogramme pèse lourd.
Pur ou dilué, c’est rien que de la merde !
Luc Boutet
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