J’avais suivi l’affaire d’un jeune homme d’environ 30 ans, que nous appellerons "Christophe" (prénom changé).

Il comparaissait devant la 23ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Celle des comparutions immédiates à la sévérité bien établie.

Maître CLS une avocate stagiaire  avait été désignée d’office par son Bâtonnier, pour assurer sa défense. Elle avait pris connaissance du dossier 1 heure avant l’audience et s’était entretenue une-demi heure avec son client.

Il était poursuivi pour avoir déclenché une bagarre dans un bar breton de la rue de l’Arrivée, à Montparnasse. En état d’ébriété, il avait porté plusieurs coups de poing à un autre client, tout aussi éméché que lui.

La jeune avocate avait bien plaidé et Christophe - qui possédait un casier judiciaire vierge - avait écopé d’une peine de 6 mois, assortie du bénéfice d’un sursis simple.

A l’issu de l’audience, dans la salle des pas perdu du Palais de Justice de Paris, j’avais discuté un peu, avec Christophe et sa jeune avocate. A la suite de cet entretien, j’avais écrit un petit "papier" qui a été refusé par les journaux à qui je l’ai propsé. Le sujet était d’une banalité rédihbitoire.

 

Quatre années s’était passée, quand j’entendis à nouveau parler de Christophe.

 Il vivait en couple avec Sonia. Ils avaient fait ensemble une jolie petite Lola, mutine et rieuse. Christophe était "raide dingue" de sa fille. Lui et Sonia travaillaient dans la restauration : lui comme "limonadier" dans une brasserie de Saint-Germain-des-Prés. Sonia était serveuse dans un restaurant chic du quartier de la Tour Effel. Ils gagnaient tous les deux très bien leur vie. Le jeune couple nageait dans la félicité, attendrie par les rires espiègles de Lola.

 Un gros Brasseur auvergnat proposa à Christophe – lui-même originaire de Montboudif dans le Cantal – de prendre en gérance libre, une très belle brasserie de la place de la Nation, dans le 12ème arrondissement de Paris. Le "bougnat" finançait à plus de 120 %, l’installation du jeune auvergnat ambitieux ! (En réalité, le gros brasseur auvergnat avait financé le précédent gérant, qui était tombé malade et il voulait récupérer ses "sous").

C’était une promotion inespérée pour Christophe qui saisit l’occasion immédiatement !

Sonia préféra rester "dans sa place" au restaurant près de la Toue Effel et refusa de suivre son compagnon dans son aventure de la place de la Nation.

 Ne se voyant que rarement à cause de leurs emplois du temps respectifs, le couple survivait tant bien que mal, scellé par le doux babil de la petite Lola.

 Mais c’était sans compter sans la malignité de Cupidon qui décocha une flèche dans le cœur de Christophe. Elle s’appelait Jenifer, avait 20 ans et possédait de jolies quenottes assez pointues. Le couple Christophe/Sonia bâtit bien vite de l’aile.

Ils avaient des horaires de travail décalés et ils ne se voyaient plus beaucoup.

 Un jour, alors que Christophe gardait sa fille qui n’avait pas école ce matin-là, dans l’appartement du couple, un accident domestique fit basculer la vie du jeune homme. Quand il sortit de la baignoire, après un bain revigorant, il glissa et se tapa violemment les testicules sur le rebord de la baignoire en fonte émaillée. Il poussa un hurlement de douleur. Lola qui jouait dans le couloir fut alertée par les cris de son père !

 L’après-midi suivante, elle dit à son institutrice de maternelle :

 

-      - Papa ... Bobo à la zézette !

 

L’institutrice, ne faisant que son travail, rapporta les propos de l’enfant à Sonia, quand elle vint récupérer sa fille, après son travail. Le rouleau compresseur de la justice allait se mettre en marche !

La jeune femme la répéta à l’avocate qu’elle avait chargé de diligenter une procédure devant le Juge de la Famille, afin de se voir confier la garde exclusive de Lola. Ella envisageait une séparation avec Christophe car elle ne supportait pas de savoir que le papa de Lola, dispense sa tendresse à cette "petite pute" de Jenifer.

 L’avocate saisit immédiatement l’opportunité de la situation créée par les paroles innocentes de Lola.

 Christophe fut arrêté au petit matin, placé en garde à vue et déféré devant un Juge d’Instruction, qui décida de le placer en détention provisoire à la prison de Fresne (le Juge des libertés et de la détention ne sera institué qu’en juin 2000).

 Maître CLS plaidait un dossier devant la Cour d’Assises de Draguignan, ne put pas assister le malheureux Christophe.

 A son retour à Paris, elle porta l’affaire devant la Chambre d’Accusation (rebaptisée Chambre de l’Instruction, en juin 2000, elle aussi)  

 A la 2ème tentative devant cette juridiction d’appel – après 4 mois de détention préventive pendant lesquels Christophe jura qu’il n’avait jamais touché sa fille – Me CLS obtint sa remise en liberté de son client.

 

L’ange gardien de Christophe entra dans la danse, car Me CLS apprit – un peu par hasard - que l’avocate de Sonia, venait d’être rayée de son Barreau d’origine, au motif que pas moins de neuf de ses clientes avaient porté plainte contre les pères de leurs enfants pour "viol ou violences sexuelles". Ces neufs femmes étaient en instance de divorce et demandaient la garde exclusive des enfants !

 

La démoniaque avocate utilisait cette "sorte de forfaiture" pour gagner ses procès devant le Juge de la Famille, qui refusait d’accorder l’autorité parentale conjointe d’un enfant, à des pères violeurs !

 

Devant la Juge d’instruction, Lola avec ses mots d’enfants, n’avait pas su expliquer qu’elle voulait parler de la "zétète" de son papa ! Pas de la sienne. Mais elle était terrorisée par tous ses juges et ces policiers qui lui posaient toutes ces questions. Elle se réfugia dans un prudent mutisme.

 La fillette avait prononcé ces propos devant son institutrice, qui en témoigna devant la juge d’instruction. Pour ne pas augmenter le traumatisme de la fillette, elle ne fût pas invitée à réitérer ses propos et à les préciser. Il n’y eut pas plus d’expertise médicale ou psychiatrique. La religion de la magistrate en charge de l’instruction : le père avait "tripoté" la gamine !

 

Christophe fût rendu à sa chère brasserie – et accessoirement à l’affection de Jenifer – ne put toujours pas serrer dans ces bras "sa petite Lola" !

 Il n’obtint un "non-lieu" définitif que lorsque Sonia reconnut sa complicité avec son avocate, pour accuser de viol le père de Lola. Elle fit ces aveux devant la Juge d’Instruction, sous serment de dire "la vérité … toute la vérité" !

Me CLS réussit à convaincre – ce ne fut pas sans mal - de déposer plainte contre Sonia, pour dénonciation calomnieuse !

 L’avocate réussit à convaincre Christophe uniquement parce que, bien qu’il ait été blanchit par un non-lieu et que Sonia ait avoué sa faute, Lola qui avait été confiée à la DDASS, ne revendrait pas dans les bras de son papa ! La petite étai terriblement malheureuse. Son père ne l’était pas moins. Mais la justice et l’aide sociale à l’enfance en danger, avait résolu de faire le bonheur de Lola … malgré elle !

 Le nouveau combat fut mené par Me CLS avec hargne et ténacité. Et la vie continua de s’écouler, le temps que la justice statue sur le sort de Lola.

 

Christophe était vraiment un "gentil mec" !

Un soir qu’il avait organisé une petite fête à la Brasserie de la Nation, il proposa de raccompagner chez elle, une serveuse qui habitait dans le Val de marne et n’avait pas de voiture.

Au retour, en traversant le bois de Vincennes, il perdit le contrôle de sa voiture et trouva la mort, contre un arbre.

Il ne revit jamais Lola, ni elle son papa qui s’était fait bobo à sa zézette !

Sur le blog : www.luc-boutet-auteur.com publication d’une image sur : histoire vraie d’un homme accusé d’attouchements sur sa fille alors qu’il était parfaitement innocent !

 On eut aimé que la petite gersoise nommé Lyhanna, bénéficie autant d’attention et de sollicitude de la part de la justice !

Luc Boutet

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